English

Auteurs-es

Mots-clés :

Français (Canada)

Résumé

Les individus sont déjà conscients de leur propre voix dès la petite enfance [Dondi et al., 1999, DevPsych 418], et manifestent un égocentrisme vocal plus tard dans la vie [Hughes & Harrison, 2013, Percept 941-949]. Toutefois, l’insatisfaction couramment rapportée face à l’écoute de sa propre voix enregistrée [Holzman & Rousey, 1966, JPersonSoc 79] suggère une possible mauvaise évaluation des caractéristiques de sa propre voix. L’hypothèse de la conduction osseuse forte [p. ex. Tonndorf, 1976, AudSys 37-84] propose que la voix parlée en direct est perçue comme si elle passait par un filtre passe-bas, ce qui ferait paraître la voix enregistrée plus aiguë. Certaines études ont remis en question l’idée que les différences de conduction aérienne suffisent à expliquer cet écart perceptif [p. ex. Maurer & Landis, 1990, FolPhonLogo 226-229]. Cependant, les méthodologies antérieures ne tiennent pas entièrement compte de l’égocentrisme vocal, et l’influence complexe des attentes sociales demeure incertaine. Nous testons ici les attentes liées au genre en ce qui concerne la hauteur tonale, en tant que facteur social potentiel, en contraste avec l’hypothèse de la conduction osseuse forte [Peng et al., 2021, AusJPsych 71]. En nous appuyant sur les travaux sur l’égocentrisme vocal, nous prévoyons que la perception de la hauteur tonale contredira cette hypothèse, les personnes s’identifiant comme femmes croyant que leur voix enregistrée est plus grave, et celles s’identifiant comme hommes croyant que la leur est plus aiguë. Les participant·e·s enregistrent d’abord une déclaration neutre avant de quitter la pièce pendant 10 minutes. À leur retour, on leur indique que leur enregistrement pourrait avoir été modifié en hauteur. Après l’écoute de l’enregistrement non modifié, ils/elles évaluent son authenticité et indiquent de combien ils/elles ajusteraient la hauteur pour qu’elle corresponde à leur propre voix. Bien que les résultats ne révèlent aucun effet significatif lié au genre, la majorité des participant·e·s croient que leur voix enregistrée a été abaissée, ce qui contredit l’hypothèse forte de la conduction osseuse. Ces résultats suggèrent que les individus évaluent mal les caractéristiques de leur propre voix, que des facteurs au-delà de la conduction aérienne et du genre influencent cette évaluation, et que la perception de la hauteur tonale de sa propre voix enregistrée est plus complexe qu’on ne le croyait. Les implications et pistes de recherche futures seront discutées.

Fichiers supplémentaires

Publié-e

2025-10-31

Comment citer

1.
Walter M, Norris S, Bengtson G, Fong LK, Gick B. English. Canadian Acoustics [Internet]. 31 oct. 2025 [cité 14 mai 2026];53(3). Disponible à: https://jcaa.caa-aca.ca/index.php/jcaa/article/view/4249

Articles les plus lus du,de la,des même-s auteur-e-s

1 2 3 4 5 6 7 > >>